Dissertation Sur La Fin Justifie Les Moyens

Pour moi non… Je suis trop disons "morale" pour ne serait-ce qu'envisager de faire du mal ou de faire des choses illégales (à mon sens, pas forcément à celui de la loi, disons que pour moi sont illégales les choses que je considère comme telles, qui ne me plaisent vraiment pas, qui vont à l'encontre de mes valeurs en gros) pour atteindre un but. Après bien sûr tous les cas, ici toutes les fins, sont différentes, est-ce que par exemple cela vaut le coup de faire du mal à un ami pour faire quelque chose dont on a envie ?
Sachant que tout est question de choix et d'opportunité dans la vie (encore une fois à mon sens) j'ai tendance à peser le pour et le contre de toutes situations en considérant ce que cela peut m'apporter d'une part et les répercussions que cela peut/va avoir sur moi et les autres, et au final est-ce que ça en vaut le coup ?

Après il y a bien sûr des choses qui tiennent vraiment à coeur, les rêves, les obsessions, etc et donc suivant mon raisonnement je dirais que le pour pèse beaucoup plus lourd que toutes les conséquences que cela pourrait avoir donc j'aurais tendance à foncer quoi. Après tout la seule personne avec qui on va toujours demeurer c'est nous-même donc faut penser à soi aussi (mais tout est mesure, faudrait pas non plus finir comme un gros égoïste qui profite de sa vie tout seul <<). Mais même pour ça je pense que j'aurais tendance à agir en douceur, voire en lenteur pour atteindre mes objectifs pour éviter "d'agir mal", je ne prendrais que plus de plaisir à avoir réussi au final.

En raisonnant comme ça c'est vrai qu'il y a une dimension où on peut "se faire avoir" mais comme disait Shepp "je préfère être victime que bourreau", déjà que j'ai tendance à me sentir coupable quand je n'ai rien fait de mal alors j'évite d'en rajouter..

 

En Politique,
la fin justifie-t-elle les moyens ?



Analyse des termes du sujet

 La politique est l'art de gérer la Cité ( " polis " en Grec = cité). Le sujet restreint donc la discussion au domaine des affaires publiques, et plus particulièrement à tout ce qui concerne l'état et le pouvoir dans une société : comment l'acquérir, l'exercer, le conserver.
 La fin de la politique est non pas sa terminaison, mais son but, l'objectif visé.
 Les moyens sont l'ensemble des ressources et des procédés dont on dispose et que l'on met en œuvre pour réaliser un résultat recherché. Comme le mot l'indique, un "moyen" est un intermédiaire entre une situation initiale et une situation finale. Le moyen n'est jamais utilisé pour lui-même. Il ne vaut que dans la mesure où il permet d'aboutir à autre chose, qui est la fin visée, raison de la mobilisation des moyens. D'où l'idée implicite qu'un moyen est toujours subordonné à une fin qui le dépasse. Un moyen n'est pas évalué en lui-même et pour lui-même. Sa valeur en tant que moyen dépend de son efficacité quant à la réalisation de la fin dont il est un moyen.
 Justifier, c'est rendre juste, légitime Rendre moralement acceptable.

Reformulation

Dans la gestion des affaires publiques, quel que soit l'objectif visé, un moyen efficace d'atteindre cet objectif est-il par là même un moyen légitime ? N'importe quelle fin justifie-t-elle n'importe quel moyen ?


Développement

1. Analyse détaillée du sujet pour clarifier la problématique.

Quelle est la fin visée en politique ?

Sur la question des fins de la politique, voir aussi le sujet "La politique a-t-elle pour fin la morale ou la réussite ?"

Qu'est-ce qu'un bon (ou mauvais) moyen ?

Sur la question de la moralité des politiciens, voir aussi le commentaire du texte de machiavel sur les qualités morales d'un prince.

2. En politique, seule une fin elle-même légitime peut justifier les moyens employés pour l'atteindre

Une référence importante pour traiter cette partie : Le Prince de Machiavel

On attribue à Machiavel la fameuse formule " La fin justifie les moyens ". L'homme politique a un devoir d'efficacité.
Mais pour Machiavel, ce n'est que si la fin est elle-même légitime qu'elle excuse et légitime les moyens employés pour l'atteindre :

Un habile législateur, qui entend servir l'intérêt commun et celui de la patrie plutôt que le sien propre et celui de ses héritiers, doit employer toute son industrie pour attirer à soi tout le pouvoir. Un esprit sage ne condamnera jamais quelqu'un pour avoir usé d'un moyen hors des règles ordinaires pour régler une monarchie ou fonder une république. Ce qui est à désirer, c'est que si le fait l'accuse, le résultat l'excuse ; si le résultat est bon, il est acquitté ; tel est le cas de Romulus. Ce n'est pas la violence qui restaure, mais la violence qui ruine qu'il faut condamner.

MACHIAVEL, Le Prince

L'amoralité du Prince dans le choix de ses moyens n'est donc justifiée que pas la moralité de la fin visée : l'intérêt commun.
Mais peut-on aller jusqu'à dire que, si la fin est légitime, tous les moyens sont bons du moment qu'ils sont efficaces ?

3. La politique a ses règles. Tout n'est pas permis

Accepter la violence comme moyen normal d'action politique sous prétexte d'efficacité, c'est nier la spécificité du politique et de l'état de droit. C'est un retour au " droit du plus fort " et à l'arbitraire.
Voir aussi le sujet " La raison du plus fort est-elle toujours la meilleure ? "

L'État est un régulateur de la vie politique :

  • Il fixe les limites et les modalités de l'accession au pouvoir (élections...).
  • Il fixe comment (selon quelles modalités) et pourquoi (avec quelles finalités) le pouvoir, une fois obtenu, est exercé.

Exemple : les règles de la démocratie. (Suffrage universel, élection à la majorité…)


Conclusion

Même si la fin est présumée bonne, tous les moyens ne sont pas légitimes, et, en particulier en politique, ce qui est permis est en principe limité à ce qui est légal.

Bien sûr, les politiciens peuvent (au sens où ils en ont la capacité) enfreindre les règles. Mais ils ne sont pas justifiés (ils n'ont pas le droit) de le faire.

 


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